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. Comment commence votre collaboration ? Et quand a-t-elle débuté ?

Cela fait une vingtaine d'années désormais que nous avons choisi d'abandonner nos pratiques artistiques individuelles pour construire un travail nouveau en repartant de zéro, une espèce de Tabula rasa privée. Nous étions chacun dans une sorte d'impasse artistique, l'impression de produire des pièces vides de sens. La création à deux a bouleversé cela. Les discussions ininterrompues nous ont permis d'approfondir ce que nous voulions faire, comment nous pouvions envisager de le faire. Naturellement, au cours des années, tout cela a évolué comme pour n'importe quelle trajectoire artistique mais les intentions initiales sont demeurées identiques.

. Deux artistes, une femme et un homme, travaillant ensemble qu'est-ce que cela produit ?

Ce qui est évident c'est qu'il faut établir au préalable une confiance totale, une grande connivence. Il convient de laisser de côté une part de chaque égo. Il est également évident que le fait d'être depuis longtemps un couple à la ville est primordial puisqu'il s'agit là de notre champ d'investigation.
Les différences homme-femme sont là, culturelles notamment mais il existe aussi tout simplement des différences de tempérament personnel. Toute la richesse est là, dans les échanges, les confrontations. Les malentendus doivent être levés ou dépassés et pourtant, il demeure une part de mystère et de non-dit, nécessaires dans l'amour et pour la création. Il y a vite de l'impudeur à parler d'amour, d'attachement et de désir alors même qu'il s'agit du sujet même de notre travail. Nous voulons parler de l'aspect solaire de l'amour mais aussi de la part d'ombre, d'inquiétude qui en est le corollaire.

. Comment vous répartissez-vous les différentes tâches à l'intérieur du travail ?

Cela se situe à deux niveaux. Au niveau de la création, il y a la volonté constante depuis le début que le spectateur ne puisse jamais identifier une pièce ou une partie de celle-ci comme provenant de l'un ou de l'autre. D'ailleurs, dans notre pratique graphique nous avons constaté qu'il était devenu impossible de reconnaître la main de l'un ou de l'autre, nous-mêmes ne savons plus démêler ce qu'il en est précisément.
Par ailleurs, au niveau de la gestion matérielle, c'est différent, chacun pouvant être considéré comme un prestataire de service extérieur.

. Quelles sont vos sources iconographiques ?

Ce sont essentiellement des éléments produits par nous-mêmes, des archives accumulées au fil du temps. Nous utilisons et réutilisons des photographies argentiques ou numériques, des images fabriquées en vue de projets différés ou abandonnés, comme une espèce de recyclerie permanente.

. Quel rapport entretenez-vous avec l'histoire de l'art ?

Comme la plupart des artistes nous adorons découvrir un musée, déambuler dans les salles, chacun faisant découvrir à l'autre ce qu'il a découvert.
Des livres d'art traînent toujours quelque part dans la maison constellés de marque-pages. Dans l'histoire de l'art nous retrouvons des mythes, des récits, des figures qui font écho à nos images. Et puis, l'aventure immémoriale de la peinture, nous avons des références communes et des attachements semblables à certains artistes ou certains tableaux, bien qu'au départ, durant notre formation, nous n'ayons pas toujours regardé les mêmes choses.

. Que dit votre travail sur le corps, sur la sexualité ?

Le corps, nos corps sont le médium de notre travail. Les postures, les fragments et les gestes expriment ou suggèrent beaucoup de choses sans avoir besoin d'être explicites.
Nous jouons avec nos limites, nos seuils de tolérance, déterminer ce qui est de l'ordre de l'intime qui n'a pas à vocation à sortir de l'atelier fait partie de nos questionnements récurrents.

. Vous semblez faire peu d'expositions, est-ce également un choix ?

Ce n'est pas un choix délibéré. Dès le début, nous avons choisi d'être nos propres mécènes et d'assurer totalement la production de notre travail, ce qui signifie entre autres choses de devoir assumer notre existence quotidienne par un emploi rémunéré. Cela évidemment, ne nous laisse que le temps de produire au détriment des autres aspects du travail d'artiste. Nous avons un collectionneur très fidèle qui nous aide depuis longtemps et quelques amis avertis qui suivent le travail et avec lesquels nous pouvons échanger. Pour le reste, il s'agit presque à chaque fois de hasard, de rencontre ou d'invitation.